Split

 

Avoir la banane à Split – mars 2017

Le jeu de mots est évident donc autant le faire d’emblée. Oui, j’avais prévu d’immortaliser mon passage dans cette ville avec un fruit de bananier. Oui, j’ai dix ans, et avant de partir je vais trouver un supermarché, payer pour un seul article, faire une photo avec, et puis le manger.

Tentative d’humour mise à part, Split m’a épatée. Souvenirs de petites rues cossues, de volets verts ou bleus, de restaurants coquets, de piétonniers amples où ça déambule lascivement sous le soleil, et du bleu de la mer face aux montagnes dressées. On a débarqué du bus un samedi ensoleillé, les vagues nous saluaient, l’air était salé. Petit appartement niché au dernier étage d’une rue étroite où le soleil passait timidement, d’où montaient les pas des touristes et les cris des enfants.

Ayant délégué la responsabilité des activités nocturnes, nous nous sommes retrouvés à nager le crawl entre les bars de la ville, dans un défilé savamment organisé. Dans la catégorie des activités officielles de la ville, le Pub Crawl local propose de t’arroser tout au long de la soirée dans des endroits divers et variés, pour ensuite adoucir ta gueule de bois du lendemain avec un petit-déjeuner. Le premier arrêt était un bar partenaire avec shots à volonté. On a trinqué et tapé la discute avec un voyageur en solo venu de Manchester pendant que l’endroit se remplissait à vive allure, jusqu’au moment où les organisateurs nous ont invités à passer au bar suivant. Les souvenirs de la soirée deviennent ensuite progressivement flous au fur et à mesure que le taux d’alcoolémie est monté, mais je sais qu’on a fini en boîte avec un groupe hétéroclite dont une partie fêtait un enterrement de vie de jeune fille, et qu’avant d’y entrer j’ai titubé à un moment vers un distributeur de billets. Je me souviens aussi que l’ébriété a exacerbé nos jalousies, qu’on s’est brouillés dans la foule en folie puis rabibochés au petit matin dans notre chambre exiguë tandis que le jour se levait. Mais le meilleur moment, celui avec lequel on rit jusqu’à aujourd’hui, celui qui prouve s’il le fallait encore que ta bonne humeur laisse un souvenir impérissable aux gens, c’est quand on est arrivés à l’endroit prévu pour le petit-déjeuner, et qu’on a été accueillis par une brochette de visages anonymes et souriants, s’écriant d’une seule voix : « Hey Gigi !!! »

Après je suis partie en mission banane, on a pris la photo, on a ri comme des idiots amoureux en gueule de bois, et on a pris le bus pour rentrer.

 

 

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