On voulait partir, mais on ne savait pas trop où. On n’avait pas beaucoup de sous, on n’avait pas beaucoup de temps.
Alors on a été voir la mer, évidemment.
Wissant, c’est des petites cabanes en bois entre des dunes. Portes bleues, vertes, jaunes sur murs blancs. C’est des ruisseaux qui se faufilent entre les fourrés, derrière les enfants qui courent vers la plage, entre les chiens tenus en laisse par des madames bien coiffées et les cailloux qui ricochent. C’est des brocantes le dimanche et des restaurants qui ferment à dix-neuf heures douze le samedi. Nos estomacs ont appris à leurs dépens qu’ils sont trop tardifs pour les cuistots couche-tôt. On a quand même eu les dernières frites avant que le snack ne ferme ses volets. Vingt-deux heures, on l’a pas volée. Le champagne non plus – on l’a payé avec les fraises et on a bu ça sur la plage : on était seuls à Wissant, même si on était huit cent.