Bucarest,
dans le désordre
les colonnes blanches des musées
des rues blanches avec des longues avenues
le petit centre-ville cossu
avec des petits pavés collés-serrés comme à Bruxelles
l’ambiance joviale dans les ruelles
et dans les cafés aux loupiotes colorées
la rivière et ses reflets
le soleil couchant du premier soir sur le pont
dans l’appartement trouvé sur airbnb
quatrième étage
des pigeons qui roucoulent derrière le mur de la douche
la petite vignette de la sainte vierge à côté de l’entrée
le supermarché à vingt mètres
(tu m’as dit je t’aime dans les allées)
(je t’aime en voyage)
(je t’aime davantage)
la chambre blanche
avec une grande fenêtre
de laquelle il fallait se pencher pour voir le soleil
qui entrait dans la pièce en diagonale
c’était le printemps, les rayons tentaient timidement
d’apporter un peu de chaleur
à défaut d’en trouver dans les habitants
ni vraiment désagréables ni vraiment accueillants
pas de visage qui est resté
grandes avenues, magasins de quartier
l’ancien et le moderne se côtoient
le supermarché du coin a le même logo que le mien
y a juste le nom qui est différent
le petit morceau brun que j’avais jeté
dans la poche du sac
je me suis dit tant pis c’est si petit
ça ne se verra même pas
au pire je dis
que c’est le sac de ma sœur
oui voilà
qu’elle me l’a prêté
qu’elle l’a oublié
que je savais pas
grands yeux, voilà
désolée
et puis à la fin on l’émiettait avec parcimonie
roulant méticuleusement ce qui nous restait
pestant que ce soit si petit
chaque fois je me dis
franchement si j’aurais su
j’aurais pris un peu plus
Le dernier jour il a plu
hôtel, taxi
aéroport
(le reste j’ai oublié ou j’en avais envie)